CPML - Centre du Patrimoine Musical Libanais


Dans l'OLJ "Toufic Succar, le Bartok libanais, est parti sur la pointe de ses notes..."

2017-11-18

Il allait bientôt avoir 95 ans, cet homme si doux et si modeste, dont l'empreinte a profondément marqué le patrimoine musical libanais dont il a été l'un des pères fondateurs.

Né le 29 novembre 1922 à Tripoli, il est le premier Libanais, en 1948, à être admis sur concours au Conservatoire de Paris. À son retour au Liban, en 1954, il donne une conférence au Cénacle libanais, prônant l'enrichissement de la musique arabe par la polyphonie. C'est très audacieux pour l'époque. Il mettra d'ailleurs sa théorie en pratique en « s'attaquant » au folklore. Il le notera (alors que jusqu'ici celui-ci se transmettait oralement), l'harmonisera, le régénérera en lui donnant ses lettres de noblesse comme une musique savante à part entière. Cela lui vaudra le surnom de « Bartok libanais ».
De 1964 à 1969, Toufic Succar dirige le Conservatoire national du Liban, et en 1971, il fonde le Conservatoire de musique Gibran Khalil Gibran, à
Bécharré, sa ville natale, à laquelle il restera très attaché toute sa vie.

Ce musicien si discret, révolutionnaire tranquille de la musique libanaise, compte un immense catalogue tant vocal qu'instrumental, et il est l'auteur de plusieurs ouvrages théoriques qui ont fait considérablement progresser l'apprentissage de ces matières au Liban.
Alors que, lors des dernières années de sa vie, Toufic Succar souffrait de problèmes de vue, son épouse Nenna, elle-même musicienne, a été une précieuse collaboratrice : il faut dire que la verve créatrice du maître était toujours vivace. Son fils Marc Succar est également compositeur, premier Libanais à être professeur au Conservatoire de Paris. Belle dynastie musicale, dont le Liban peut être fier.

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