Neuf au CPML ? Une œuvre pour chœur a cappella de Layale Chaker MUSIQUE MUSIQU 28/01/2026|Zeina Saleh Kayali pour l’Agenda culturel

Le Centre du patrimoine musical libanais (CPML-espace Robert Matta) situé au Collège Notre-Dame de Jamhour a pour but de rassembler, conserver et valoriser tout ce qui se rapporte aux musiques libanaises, à ses compositeurs et à ses interprètes. Le CPML enrichit régulièrement ses collections en recevant des archives et de la documentation, de la part des compositeurs ou de leurs familles. Pour les lecteurs de l’Agenda Culturel, le CPML ouvre régulièrement ses portes pour raconter et montrer ces documents émouvants, témoins uniques de la vie musicale au Liban.

Layale Chaker est une jeune compositrice et violoniste libanaise établie à New-York. Son premier opéra, Ruinous Gods y a été donné avec grand succès et il sera bientôt représenté en Europe. Issu de cette œuvre, la partition d’un cycle de pièces pour chœur a cappella, The Bow and the Reed, a été récemment déposée dans le fonds de la compositrice au CPML et voici ce qu’en dit la compositrice

« Ce cycle chanté pour chœur a cappella et instrumentation soliste flexible, pouvant également être interprété sans soliste, s’inspire des poèmes contemporains de Nineb Lamassu ainsi que de textes de prière préchrétiens issus des traditions babylonienne et assyrienne. Lors des premières itérations de l’œuvre, la compositrice et violoniste Layale Chaker a interprété une partie de violon improvisée, conçue comme une voix individuelle dialoguant librement avec le chœur. Cette partie soliste, facultative et adaptable, ouvre un espace de respiration et d’errance expressive, tout en laissant au chœur la possibilité d’exister seul, dans une forme épurée et collective.

Le projet prend racine dans la langue assyrienne moderne, également appelée néo-araméen ou syriaque, aujourd’hui classée par l’UNESCO parmi les langues en danger. Héritière d’une tradition millénaire, cette langue continue d’être parlée par des communautés minoritaires en Irak, en Iran, en Turquie et en Syrie. Écrire et composer dans cette langue devient dès lors un geste de résistance, une manière d’affirmer l’existence vivante d’une culture trop souvent reléguée au passé ou réduite à une identité figée.

Pour Nineb Lamassu, écrire en assyrien moderne est un acte existentiel qui prolonge la vie de sa langue en la confrontant aux réalités du présent. Ses poèmes se détachent des cadres religieux dans lesquels la langue a longtemps été confinée, et abordent des thématiques contemporaines telles que le conflit, l’exil, la migration, la mémoire et la révolte.

À travers l’alliance d’un chœur a cappella, symbole de communauté et de transmission, et d’une voix instrumentale libre, parfois absente, l’œuvre explore la tension entre le collectif et l’individuel, entre la parole articulée et l’expression sans mots. La musique devient ainsi un vecteur de préservation, de transformation et de réactivation d’une langue menacée, affirmant sa place dans le monde contemporain.

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