Les nombreux fidèles de Beit Tabaris étaient à la fête entre fin décembre et fin janvier car la résidence musicale proposait un beau programme composé de deux masterclass et cinq concerts. Petit récapitulatif.
Les festivités musicales s’ouvrent avec la Chanterie de Beyrouth, ensemble d’une trentaine de jeunes choristes dont l’âge varie entre 6 et 19 ans tous placés sous la direction de leur fondatrice, Noha Hatem, diplômée en direction de chœur et pédagogie musicale. Au piano Isabelle Issahakian, dont l’accompagnement structure et soutient le chœur. Le programme est mulitple et tourne autour des Noëls du monde. Œuvres de Couperin, Sibelius, Saint-Saëns, Gruber, Nassif, sans compter les cantiques traditionnels, tous chantés dans leur langue d’origine. Moment festif et musical qui émeut profondément l’assistance et qui était organisé en partenariat avec la Renaissance française, présidée par Nada Chaoul.
Le deuxième concert est consacré à la harpe. La jeune et talentueuse harpiste, Nadine Mhanna, au-delà d’être une excellente instrumentiste, souhaite promouvoir la harpe au Liban. En effet, c’est un instrument rare et peu connu. Après avoir donné un récital très intéressant composé de deux œuvres pour harpe seule, La Source d’Albert Zabel et Cinq variations sur un thème de Mozart de Mikhail Glinka, Nadine propose au public conquis, un concerto de Karl Ditters von Dittersdorf, où l’excellente Olga Bolun tient la partie de l’orchestre au piano. Après ce moment musical, la jeune harpiste propose une présentation de la harpe, de son évolution à travers les siècles et des différents compositeurs qui en ont fait les beaux jours. Causerie extrêmement appréciée et instructive.

Le troisième concert est celui de clôture de la masterclass menée de main de maître par Patrick Messina (clarinette) et Manon Galy (violon). Ces deux très grands instrumentistes français qui font des carrières internationales, avaient reçu pendant cinq jours d’affilées de jeunes instrumentistes libanais pour une formation intensive. Et les progrès sont tangibles, ils s’entendent. Les clarinettistes, tous issus du programme de l’orchestre LeBAM n’en reviennent pas d’être au quotidien avec Patrick Messina, première clarinette solo de l’Orchestre national de France, chambriste et soliste extrêmement apprécié et demandé. Les violonistes sont également fascinés par la virtuosité et la pédagogie de la jeune Manon Galy, dont la carrière explose en Europe. Concert fort réussi avec un florilège d’œuvres (Debussy, Rabaud, Mozart, Weber, Chostakovitch, Bach etc.) et comme bouquet final les deux maîtres avec Olga Bolun toujours fidèle au poste pianistique, proposent une version revisitée des Cinq pièces pour deux violons de Dimitri Chostakovitch.


Le quatrième concert est organisé en partenariat avec les Jeunesses musicales du Liban. Il s’agit de donner la parole musicale à un jeune violoniste de 18 ans, Kevin Kanaan, qui poursuit son cursus au Conservatoire Komitas de Erevan (réputé pour son excellence). La première partie du récital est composée d’œuvres pour violon solo, les unes plus redoutables que les autres, Bach et Paganini. Pour la deuxième partie le jeune violoniste est rejoint par la pianiste Janna Popkova avec qui il forme un duo très homogène et harmonieux. A la clé œuvres de Mendelssohn, Beethoven et Tchaïkovski. Un beau moment où le public venu très nombreux se sent fier qu’un si jeune homme porte aussi bien les couleurs du Liban.
Le cinquième et dernier concert de cette saison hivernale est consacré au bel canto ainsi qu’au piano solo. La jeune soprano Louisa El Khoury présente un programme où l’on entend Mozart, Bellini, Puccini et Bizet. Sa voix chaude et puissante restitue avec beaucoup de sensibilité et de sincérité les grandes pages de l’opéra italien et français. Elle est accompagnée au piano par le (très !) jeune Kevin Youssef, musicien prodige, habitué de Beit Tabaris où il est chez lui. Non content d’être un excellent accompagnateur il brille également en tant que soliste dans des pièces d’une grande difficulté technique : Bach, Mozart, Rachmaninov, Liszt.
Rendez-vous à Beit Tabaris, lieu de rencontre privilégié de la jeunesse musicienne libanaise, au mois de mars, pour d’autres aventures musicales toujours dans la joie, la bonne humeur et la haute exigence musicale.



