Schmitt au théâtre Al Bustan : Quand Chopin devient une leçon de vie SCÈNES SCEN 02/02/2026|Nadine Nassar pour l’Agenda culturel

Éric-Emmanuel Schmitt, l’un des écrivains francophones les plus lus et les plus joués dans le monde, est accueilli au Liban les 6, 7 et 8 février au théâtre Al Bustan avec Madame Pylinska et le secret de Chopin. Ce texte, en partie autobiographique, raconte sa rencontre fondatrice, jeune homme, avec la musique de Chopin, et avec une manière d’écouter qui a transformé son rapport au monde.

Présenté à l’initiative de PERSONA Productions, le spectacle avait été programmé en 2020 avant d’être annulé en raison de la situation au Liban. Sa reprise aujourd’hui résonne comme un moment de continuité culturelle, fidèle à l’écriture de Schmitt, où le récit, la transmission et l’attention au sensible occupent une place centrale.

Éric-Emmanuel Schmitt répond aux questions de l’Agenda Culturel

Comment Madame Pylinska et le secret de Chopin s’inscrit-elle dans votre Cycle de l’Invisible ?
Nos vies sont faites de visibles et d’invisibles. Elles sont conçues par ce que nous percevons, mais nous cherchons toujours un sens. Ce qui peut habiller le visible et l’invisible, ce sont les spiritualités, les religions – on retrouve ainsi Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran et Oscar et la dame rose dans ce cycle.
Madame Pylinska et le secret de Chopin est tout à fait à part : il n’y est pas question de spiritualité au sens strict, mais de la musique de Chopin, parce que je crois que la musique tient, pour beaucoup d’entre nous, une grande place dans notre vie spirituelle. Elle nous console, nous guide, nous apaise, et nous redonne de l’énergie.

Pourquoi avoir choisi le théâtre pour cette pièce autobiographique, et quel lien voyez-vous avec votre attachement au Liban ?

Même si le texte a beaucoup été lu, il est, pour moi, destiné à la scène, là où le texte retrouve la musique, absente des pages silencieuses d’un livre. Ce n’est que sur scène, avec le pianiste Nicolas Stavy, en tissant mes mots aux notes de Chopin, que l’histoire prend toute sa dimension, pour donner une expérience totale aux spectateurs.
Cette recherche d’une plénitude sensorielle rejoint mon attrait pour des terres de contrastes comme le Liban, un laboratoire où l’on danse sur un volcan. Les Libanais savent que tout est fragile, et pourtant ils aiment la vie : c’est une sagesse qui, à sa manière, est aussi une forme d’art de vivre.

Ce conte initiatique, à la fois drôle et émouvant, réunit-il deux de vos passions : la littérature et la musique ?

Madame Pylinska est une femme seule. La pièce dit ceci : nos vies peuvent être assombries, mais on ne nous abandonne pas. Il y a toujours le rapport à la beauté, à l’art, à la musique, et à la nature qui nous donnent envie de poursuivre nos vies.
C’est une pièce sur ces points d’équilibre, sur la grande consolation de la beauté dans nos vies qui sont pleines de petits et de grands malheurs.

Votre écriture repose beaucoup sur la suggestion et sur l’attention portée aux nuances. Comment cette manière de dire — ou de ne pas dire — structure-t-elle Madame Pylinska et le secret de Chopin au théâtre ?
Dans cette pièce, se crée un équilibre entre Madame Pylinska, qui parle fort, et la musique tout en douceur de Chopin, qui est par moments comme une musique de fond, et par d’autres, l’objet même qu’on écoute.
J’aime la suggestion en littérature, et je suis très adepte d’une phrase de Colette : « Ne jamais décrire, toujours suggérer ». Madame Pylinska nous apprend l’attention à la personne qu’on aime, à une caresse, à un baiser. Elle soutient que la musique n’exprime pas les émotions, elle les suggère.
La musique peut provoquer en nous de la tristesse, mais en même temps quelque chose de bien supérieur : l’amour de la tristesse, qui est belle, qui nous enchante et nous fait apprécier la mélancolie et la nostalgie. En cela, la musique est une leçon de philosophie ; elle nous murmure : tu n’es pas seul à être triste sur terre, mais écoute comme la tristesse est belle !

 Informations pratiques :

Billets en vente à la Librairie Antoine et en ligne
Informations et tarifs groupes (à partir de 6 personnes) : PERSONA Productions – 03 22 68 18

Rencontre-dédicace avec Éric-Emmanuel Schmitt
Jeudi 5 février à 18h
Institut Français du Liban – Beyrouth, rue de Damas

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