Melodies for Lebanon : À Montréal, brillant concert bénéfice
28/05/2026|Gisèle Kayata Eid, Montréal
C’était une soirée hors du commun. Un moment suspendu dans le temps et l’espace. Une parenthèse de grâce et de raffinement durant laquelle la musique a touché les cœurs par le talent certifié et la virtuosité de quatre jeunes, auxquels a répondu le silence de cathédrale d’un public envoûté par le charme inédit de ce spectacle. Tout y était, la musique classique qui élève l’âme, l’engouement de la jeunesse, la performance impeccable, le silence respectueux de l’assistance…
Tout a commencé par l’initiative d’une jeune musicienne, Noémie Chadid : organiser une levée de fonds pour les enfants du Sud-Liban, et pas n’importe lesquels, ceux qui sont issus de famille de plus de trois enfants, les orphelins et les malades chroniques. En partenariat avec Mgr Paul-Marwan Tabet, évêque de l’Éparchie Saint-Maron au Canada, qui s’est associé à la branche de New York de la fondation CNEWA, à l’instar des organismes ecclésiastiques de la diaspora, comme Caritas International ou l’Ordre d’Orient de l’Archi-diocièse de Paris, un concert bénéfice a été lancé sous la bannière : Melodies for Lebanon.
Est-ce la cause juste et philanthropique à la base de cette représentation ? Ou l’endroit emblématique de l’auditorium de l’École de musique Vincent d’Indy ? ou encore le choix de morceaux classiques courts, variés, accessibles ? La performance professionnelle des jeunes artistes ? Noémie Chadid, master of Ceremony qui s’avère maestro accompli, glorieuse sur son piano, Théo Curras, aux grandes orgues, et aux mains et pieds qui papillonnent et pédalent sur les claviers, Philippe-Olivier Gagnon, tout fraîchement diplômé en écriture musicale ou Lara Jokhadar, le soprano libano-canadienne connue pour son parcours prestigieux, dans les concerts et son école d’enseignement et pour sa générosité d’artiste ? C’est un peu tout ça qui a ravi l’assistance.
Mais il y a bien plus. Au-delà des sons et des voix harmonieuses, il n’y avait aucune démonstration ostentatoire de virtuosité mais bien la fougue d’une jeunesse experte; aucun artifice dans le déroulé du concert, mais une simplicité désarmante à donner quelques détails sur le compositeur pour mieux apprécier le morceau proposé, et cerise sur le gâteau, cet amour du Liban dans le choix des pièces, des mots, des mouvements qui suggèrent leur attachement au pays. Annonçant les Prédules op 34 de Shostakovich, Noémie explique : « Cela commence dramatiquement, devient drôle, puis de nouveau continue comme une marche militaire, puis se termine en valse « twistée »… C’est un peu ce qu’on ressent au Liban, en pleine crise, on s’éclate et on fait la fête, puis on recommence ». Ou ces mots chantés par la texture incomparable de Lara dans ce passage d’un célèbre opéra « Mignon » d’Ambroise Thomas qui raconte l’histoire d’une orpheline qui recherche son identité et ses origines : « Connais-tu le pays où fleurit l’oranger?… Un éternel printemps où le ciel est toujours bleu ? C’est là que je voudrais vivre, vivre, aimer et puis mourir, c’est là, oui, c’est là. »
Beaucoup d’émotion et de passion dans les mains, la voix et le cœur… comme pour remercier le parterre, donateur, d’être présents à un concert dans lequel les artistes promus à un avenir brillant ont véritablement offert le meilleur d’eux-mêmes.



