
La rencontre entre Fadi Khalil, chef du chœur des Musicales du Liban, et le chanteur-compositeur marocain Walid Ben Selim apparaît comme une évidence artistique. Ce dernier inscrit une grande partie de son œuvre dans le dialogue avec la poésie arabe. Sa création la plus récente met en musique Les Processions, cycle poétique de Gibran Khalil Gibran. Sous la direction de Fadi Khalil, le chœur des Musicales du Liban et un orchestre d’une vingtaine d’instrumentistes interprètent cette pièce singulière, présentée en création mondiale lors d’une tournée à travers la France. Rencontre avec les deux artistes.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Walid Ben Selim : Quand j’ai eu la vision de cette œuvre, j’ai commencé à chercher des chanteurs et un ami m’a alors dit « tu devrais entendre le chœur des Musicales du Liban ». J’ai donc pris contact et j’ai constaté qu’il n’existait pas, en France, un chœur de cette qualité, capable de maîtriser aussi bien les deux répertoires, l’oriental et l’occidental. J’ai immédiatement été séduit par la culture et l’exigence artistique de Fadi Khalil.
Fadi Khalil : Notre premier contact s’est effectué au téléphone et j’ai rapidement compris que l’œuvre présentait un grand intérêt musical et littéraire, et que nous étions exactement sur la même longueur d’onde quant à sa vision et son interprétation. J’ai adhéré au projet sans aucune réserve. Il faut dire aussi que nous manquons, dans le répertoire oriental, d’œuvres de cette qualité et de cette forme, une heure trente pour orchestre solistes et chœur, en forme de cantate ou d’oratorio.
Dans cette œuvre le texte joue-t-il un rôle important ?
WBS : Essentiel et fondamental. Tout part de là. C’est un texte méditatif et philosophique comme souvent chez Gibran et qui est le précurseur du célèbre Prophète, connu universellement. C’est un recueil entièrement poétique où chaque poème évoque un sujet différent : le rapport de l’homme à la société, à la nature, la religion, la justice, la politique etc.
FK : La musique de Walid sert admirablement le texte et le met en valeur d’une façon exceptionnelle. L’œuvre poétique et l’œuvre musicale se fondent en une unité remarquable, chacune nourrissant l’autre dans un dialogue d’une rare harmonie.
Le dernier texte de ce recueil est le célèbre « aatini el naya wa ghanni » mis en musique par Najib Hankache et immortalisé par Feyrouz
WBS : Lorsque j’ai découvert cette chanson, j’ai renoncé à mettre en musique le dernier poème du cycle, tant l’interprétation de Feyrouz m’a semblé en épouser l’essence avec une justesse insurpassable.
Fadi Khalil, vous êtes le directeur musical de ce projet ?
FK : Oui. Au départ je pensais que je devais simplement préparer le chœur. Mais plus je pénétrais au cœur de l’œuvre, plus sa beauté et la richesse de ses significations se révélaient à moi. La musique de Walid est en même temps très simple tout en étant parfaitement travaillée. C’est un compositeur qui va à l’essentiel. L’orchestre est composé d’une vingtaine d’instrumentistes. Nous avons également un grand chœur et le petit ensemble de solistes composés des chanteurs des Musicales du Liban. Quant à Walid, il est soliste car c’est également un excellent chanteur.
A savoir :
Les Processions (Al Mawakeb) texte de Gibran Khalil Gibran, musique de Walid Ben Selim
Création mondiale le dimanche 7 juin au Théâtre de l’Archipel à Perpignan
Dimanche 14 juin Théâtre Molière à Sète
Dimanche 21 juin Parvis de l’Institut du Monde Arabe à Paris
Pour plus d’informations : www.musicalesduliban.com



