Cet événement international consacré au piano se tient dans la province de Côme en Italie. Durant une semaine, à la mi-juillet, de jeunes pianistes talentueux et des passionnés de musique classique se réunissent au Castello di Pomerio, à la Villa Parravicino Sossnovsky et à l’église Santa Maria degli Angeli pour des masterclasses de haut niveau et, en soirée, des concerts ouverts au public. Un corps enseignant composé de pianistes de renommée internationale accompagne les participants dans un parcours artistique qui aboutit à l’interprétation d’un concerto de Mozart avec un orchestre à cordes. Serge Moukarzel, pianiste concertiste, chambriste et professeur à l’Ecole internationale de musique de Rabat, qui en revient, raconte cette expérience unique à l’Agenda Culturel.
Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de vous inscrire à ce festival ?
J’en ai eu connaissance un peu par hasard et une série de signes qui s’alignaient m’ont décidé à présenter ma candidature.
Quels signes ?
Tout d’abord au niveau de l’équipe d’encadrement, je m’aperçois que j’avais rencontré le directeur artistique du festival ainsi que l’un des membres du corps enseignant dans le cadre de mes études au Conservatoire Tchaikovsky à Moscou il y a quelques années. Ensuite l’une de mes idoles, Joanna McGregor, responsable du département piano à la Royal Academy de Londres est responsable des masterclass. C’est une femme dont l’énergie, forte et radieuse, vous entraîne vers le haut. Par ailleurs je découvre ce festival le jour-même de la date limite d’inscription et j’ai tout juste 30 ans, âge maximum pour l’inscription. Enfin, la pièce imposée avec orchestre, le Concerto n° 9 « Jeune homme » de Mozart est l’une des œuvres musicales qui m’obsède depuis de longues années.
Comment s’est effectuée la sélection ?
La sélection s’effectuait sur concours et 12 candidats allaient être retenus. J’ai donc participé sans aucune attente et quand j’ai appris que j’étais pris, cela a constitué une grande joie et une belle surprise.
De quelle façon s’est déroulé cet enseignement ?
Sur cinq jours. Quatre jours étaient consacrés aux masterclass, il y avait également une séance de coaching avec le chef d’orchestre Geoffrey Simon et deux performances pour chacun des 12 participants. Il fallait se produire en solo et avec orchestre. Par ailleurs, les professeurs donnaient des concerts chaque soir.
Qu’avez-vous joué ?
En solo j’ai joué les Estampes de Claude Debussy, le Prélude fugue et variation de César Franck et une sonate de Mozart. Avec l’orchestre, l’œuvre imposée dont je vous parlais plus haut, le Concerto n° 9 de Mozart.
Que gardez-vous de ce séjour ?
Beaucoup de choses. Le fait d’être immergé dans la musique est un tel bonheur. Rencontrer des jeunes musiciens venus de différents coins, Lituanie, Grèce, Macédoine, Italie etc. était extrêmement enrichissant. Échanger avec les professeurs de façon informelle autour des repas est aussi une belle expérience.
Vous étiez le seul Libanais ?
Oui et beaucoup de personnes se disaient désolées de ce qui se passe dans notre pays et agréablement surprises de constater que malgré tout, la musique est toujours vivante au Liban !

