La vie musicale libanaise en France est d’une richesse et d’une variété extraordinaires. Elle est tellement multiple, qu’il est devenu presque impossible de la suivre et l’on a toujours l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important tant les évènements se succèdent, aussi bien à Paris qu’en régions.
Et cela ne date pas d’hier, bien que Le mouvement migratoire des musiciens libanais vers l’étranger (et la France en particulier) a connu deux pics : vers la fin des années 1970 à cause de la guerre du Liban et à partir des années 2020 suite au CRIME du 4 août.

Mais revenons un peu (beaucoup !) en arrière, vers les années 1890. Un jeune Libanais consul de France, Georges Saint-René Taillandier, qui décide de lui faire octroyer une bourse par le gouvernement français afin de lui permettre d’étudier à Paris, Beyrouth ne possédant pas d’école de musique. Il s’agit bien sûr de Wadia Sabra (1876-1952), père fondateur de la musique savante libanaise, du Conservatoire national et compositeur (entre autres !) de l’hymne national libanais. Ses archives, conservées au Centre du patrimoine musical libanais (CPML) témoignent, par le biais de nombreux articles de la presse française du début du 20e siècle, d’une vie musicale intense, comme organiste, pianiste, chef de chœur et compositeur. Ainsi l’on peut lire dans Le Figaro du 27 janvier 1909 le compte rendu d’un concert où « l’éminent compositeur Sabra effendi a présenté ses œuvres ».
A partir des années 1920, la vie musicale va éclore au Liban avec l’arrivée de musiciens français et russes (ces derniers fuyant le bolchevisme). Mais dès le début des années 1950 l’on verra des pianistes telles que Samia Flamant et Wadad Mouzannar ou des compositeurs tels que Toufic Succar aller se former en France. En 1962 le pianiste Walid Akl s’installe à Paris. En 1971 c’est au tour du compositeur Gabriel Yared et en 1974 celui des pianistes Abdel Rahman EL Bacha et Billy Eidy.
Ils seront suivis, à partir de 1975, d’une série de musiciens dont Bechara El Khoury, Naji Hakim, Zad Moultaka, Marc Succar, Roula Safar, Rima Tawil, Caroline Solage, Rania Awada, Cima Moussalli, Wassim Soubra, Nassim Maalouf (père d’Ibrahim dont on connaît la notoriété), Marcel Khalifé dont les enfants Rami et Bachar ont fait des carrières internationales et bien d’autres qu’il serait impossible de citer en intégralité.
Puis au début des années 2000 et jusqu’à aujourd’hui, sont arrivés des jeunes musiciens les uns plus doués que les autres, certains étant même nés en France. Citons (et ce n’est pas exhaustif) : Les frères Khalifé (Sary et Ayad), Ziad Kreidi, Georges, Daccache, Marie-José Matar, Fadi Khalil, Patrick Fayad, Oussama Mhanna, Elie Sawma, Andrea Azzi, Mathilde Hajj, Yara Kasti et tant et tant d’autres.
Bien qu’il soit triste de voir le Liban se vider de ses talents musicaux, il est tout de même réconfortant de se dire que tous ces artistes portent notre pays à travers le monde. Ils en donnent une image de culture et de civilisation, loin des bruits de bottes et des banquiers véreux.
Zeina Saleh Kayali
Auteure et directrice de collection

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