Beit Al Makassed, une maison de Beyrouth reprend vie-Agenda culturel

MA 29 septembre 2026 Agenda culturel

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Au cœur de Zokak El-Blat, l’Association Al Makassed vient d’ouvrir Beit Al Makassed, un nouvel espace consacré à la mémoire, à la culture et au savoir. Installé dans une maison historique qui a traversé plus d’un siècle d’histoire beyrouthine, le lieu réunit manuscrits et archives, bibliothèque, expositions et programmation culturelle.

Le 28 septembre, en plein cœur de Beyrouth, une ancienne maison reprenait vie. Devant un parterre de personnalités et dans un cadre élégant était inauguré Beit Al Makassed, nouveau lieu de rencontre et de culture, mais aussi écrin pour des manuscrits et documents historiques. Diana Tabbara, présidente de l’Association Al Makassed, entourée des membres de son comité, ouvrait les portes de cette maison avec une ambition clairement exprimée : « Beit Al Makassed constitue un pont entre l’héritage d’Al Makassed et son avenir, transformant la mémoire en un espace vivant de connaissance, de culture et de créativité. »

Et de mémoire, cette maison en est chargée.

Située à Zokak El-Blat, l’un des quartiers historiques de Beyrouth, elle accompagne depuis plus d’un siècle les transformations de la ville. Le quartier lui-même s’est développé au cours de la première moitié du XIXe siècle, alors que Beyrouth commençait à s’étendre au-delà de ses anciennes limites. Maisons, jardins, écoles, institutions culturelles et religieuses y ont progressivement façonné l’un des centres de la vie résidentielle, éducative et culturelle de la capitale.

Au début du XXe siècle, la maison est associée à la famille Al-Huss. Les initiales « K.H. », pour Kamal Al-Huss, sont encore visibles dans le fer forgé de certaines portes. Elle accueille également pendant un temps Rachid Nakhle, écrivain et poète dont les paroles seront choisies, en 1925, comme texte officiel de l’hymne national libanais. Son fils, Amin Nakhle, l’une des figures littéraires de sa génération, vivait lui aussi à proximité.

Au fil du temps, la demeure change de fonction. Maison familiale, elle devient ensuite institut, puis faculté, accueillant des générations d’étudiants et abritant des milliers d’ouvrages. Elle se transforme aussi architecturalement. En 1927, un nouvel étage est ajouté et l’ensemble atteint plus de 800 m² sur deux niveaux. Hauts plafonds, arches, portes et fenêtres en bois, ferronneries, sols anciens, ornements en plâtre et peintures murales racontent encore les différentes époques traversées par le bâtiment. Certains décors peints, longtemps dissimulés sous les plafonds de l’étage supérieur, ont été redécouverts lors de sa restauration.

C’est toute cette histoire que Beit Al Makassed entend aujourd’hui préserver sans pour autant figer la maison dans le passé. Car le projet ne se présente pas comme un musée où le temps se serait arrêté, mais comme une « maison vivante », où la mémoire devient le point de départ de nouvelles activités.

Le lieu comprend ainsi un musée consacré aux manuscrits arabes historiques, une bibliothèque ouverte au public, ainsi qu’un espace consacré à la musique et aux films documentaires. Il accueillera également des rencontres littéraires, des conférences, des soirées musicales et culturelles, des expositions, des documents et objets d’archives. Les produits traditionnels et artisanaux de Ward El Makassed y trouveront également leur place.

Par ses collections, son architecture et son histoire, Beit Al Makassed souhaite aussi devenir un lieu de recherche pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire de Beyrouth et à la culture islamique.

Cette nouvelle maison s’inscrit enfin dans la mission plus large de l’Association Al Makassed dans les domaines de l’éducation, de la santé et du service à la communauté, auxquels contribueront les revenus générés par le projet.

Une maison familiale, un poète, des étudiants, des livres et des manuscrits ont habité ces murs au fil des décennies. Désormais, les portes s’ouvrent à nouveau, avec l’idée que préserver le patrimoine ne signifie pas seulement regarder vers le passé, mais aussi lui donner une place dans le Beyrouth d’aujourd’hui.

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