Oussama Mhanna, entre tradition et création : le parcours d’1 chef en mouvement, de Zeina Saleh Kayali-Agenda culturel

Oussama Mhanna, entre tradition et création : le parcours d’un chef en mouvement MUSIQUE MUSIQUEFranceCONCERT15/02/2026Zeina Saleh Kayali-Agenda culturel

Alors qu’il vient de donner un concert triomphal en l’église Saint Sulpice à Paris avec le chœur et l’orchestre Varenne et deux prestigieux solistes, Oussama Mhanna répond aux questions de l’Agenda Culturel.

Ce concert était constitué d’un programme entièrement consacré à Puccini ?

Oui, justement. Le concert était divisé en deux parties : la première consacrée à des airs opératiques, principalement issus de La Bohème et de Turandot, chantés avec excellence par les deux solistes du concert, le baryton ukrainien Ihor Mostovoi et le ténor libanais Béchara Moufarrej.

La deuxième partie était consacrée à la Messa di Gloria, avec une entrée sur scène du Chœur Varenne magique et pas comme les autres, avec le célèbre Humming Chorus issu de Madama Butterfly.

Le lieu lui-même a donné au concert des dimensions presque irréelles : l’Église Saint-Sulpice, une église magnifique et chargée d’histoire. Avec l’aide de l’artiste Michel El Ghoul, une mise en scène subtile a été pensée, surtout pour la partie opératique et l’entrée du chœur, ce qui a profondément enrichi l’expérience des musiciens comme celle du public.

Pourriez-vous nous présenter le chœur et l’orchestre Varenne ?

Fondé il y a près de quarante ans, le Chœur Varenne regroupe environ 60 choristes amateurs passionnés par la musique classique.
Il s’est produit dans des lieux prestigieux tels que le Palais des Congrès, la Salle Gaveau, les Invalides, ainsi que dans les églises de La Madeleine, de la Sainte-Chapelle, de Saint-Germain-des-Prés, de Saint-Roch, et aujourd’hui à Saint-Sulpice.

À l’international, le chœur s’est également produit à Budapest, Vienne, Prague, Rome et Venise.

J’en ai pris la direction en 2024, et nous avons depuis donné ensemble de très beaux concerts, comme le Stabat Mater de Antonín Dvořák, ou encore un programme consacré à la musique française, toujours accompagnés de solistes et d’orchestres de très haut niveau.

Le Chœur Varenne s’associe également à l’organisation Pax Musica, dont je suis musicien partenaire, dans le cadre de sa mission d’accompagnement d’artistes en exil. À ce titre, nous avons donné une prestation au Palais de la Porte Dorée en décembre 2025. Prochainement, le chœur organisera une tournée musicale dans la région de Bourgogne.

L’Orchestre Varenne accompagne les grands concerts du Chœur Varenne. Composé de musiciens professionnels parisiens de haut niveau, il fonctionne comme un orchestre à géométrie variable, dont la formation s’adapte aux œuvres interprétées. L’Orchestre Varenne se produisait pour la première fois dans ce programme Puccini à Saint-Sulpice.

Vous avez également un grand nombre d’autres activités, notamment axées sur la musique contemporaine et la création d’œuvres de jeunes compositeurs. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui ! Je suis directeur artistique de l’Ensemble Dynamique, un ensemble professionnel dédié à la création contemporaine et interdisciplinaire. Avec lui, nous avons organisé plusieurs concerts en France et à l’étranger. Malgré sa jeune histoire, l’Ensemble Dynamique a déjà collaboré avec de nombreux artistes et institutions internationales, notamment le Festival d’Automne, la Fondation Cartier pour l’art contemporain, le chorégraphe italien Alessandro Sciarroni, le compositeur français Éric Tanguy, ou encore le musicologue franco-grec Makis Solomos.

Je suis profondément convaincu que la musique contemporaine et l’expérimentation doivent être défendues et surtout maintenues vivantes, loin de toute forme d’élitisme. Pour moi, cette musique doit rester accessible, sensible et connectée au public d’aujourd’hui, sans renoncer à son exigence artistique.

L’encouragement des jeunes compositeurs et le fait de faire jouer leur musique est une clé essentielle. Pour cela, j’essaie, dès que je le peux, de passer des commandes.

À part la musique contemporaine, j’aime beaucoup également mon activité en tant que chef invité, parce qu’elle me permet de rencontrer de nouveaux talents. Les derniers mois ont été riches à ce niveau : j’ai eu le plaisir de participer aux côtés du Maestro Toufic Maatouk en tant que chef de chœur et chef assistant pour l’opéra Carmen au Festival de Baalbeck, et également de diriger le concert historique de Noël de l’Abu Dhabi Festival avec le chœur de l’Université Antonine. De plus, je suis toujours heureux de collaborer avec le chorégraphe international Alessandro Sciarroni sur plusieurs dates dans l’année.

Vous êtes un chef éclectique et avez récemment eu une expérience inédite en Arabie Saoudite ?

Oui. Je suis très ouvert aux différents types de projets, surtout ceux qui croisent plusieurs champs artistiques. Je m’intéresse beaucoup aux expériences qui sortent de ce que l’on a l’habitude de faire. Je respecte profondément la tradition, mais pour moi elle ne doit pas être un but en soi. J’aime particulièrement les projets immersifs qui placent le public au centre de l’expérience artistique.

L’Ensemble Dynamique a ainsi interprété, en collaboration avec Philokalia Liban, une création opératique inédite : un opéra en arabe sur une musique rock ! Oui, très fou… mais c’était une expérience immense de faire de la musique live devant 25 000 personnes dans un stade de football.

Quels sont vos projets ?

En ce moment, je suis en résidence artistique à la Rocabella, entouré de plusieurs artistes inspirants venant de disciplines différentes, notamment grâce à une collaboration avec Pax Musica.

Je travaille également sur une nouvelle création de l’Ensemble Dynamique, qui verra le jour cette année.

Je suis très heureux aussi d’être chef d’orchestre au festival international de musique contemporaine de Bled, en Slovénie, dans le cadre d’une résidence artistique annuelle de l’institut Abeceda. J’aurai le plaisir d’y diriger plusieurs créations de compositeurs venus du monde entier.

Que faut-il vous souhaiter ?

De ne jamais cesser d’apprendre, de m’inspirer de la beauté des nouvelles expérimentations artistiques en tout genre, et surtout de ne pas me limiter à des habitudes artistiques qui feraient reculer au lieu d’avancer.

 

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