Quoi de neuf au CPML ? Abdelhak El Masri MUSIQUE MUSIQUE  27/04/2026|Zeina Saleh Kayali pour l’Agenda culturel

Le Centre du patrimoine musical libanais (CPML-espace Robert Matta) situé au Collège Notre-Dame de Jamhour a pour but de rassembler, conserver et valoriser tout ce qui se rapporte aux musiques libanaises, à ses compositeurs et à ses interprètes. Le CPML enrichit régulièrement ses collections en recevant des archives et de la documentation, de la part des compositeurs ou de leurs familles. Pour les lecteurs de l’Agenda Culturel, le CPML ouvre régulièrement ses portes pour raconter et montrer ces documents émouvants, témoins uniques de la vie musicale au Liban.

 Plus la situation au Liban se dégrade, plus les artistes et leurs familles éprouvent le besoin de trouver refuge dans des lieux sécurisants, des havres de paix, qui accueillent leur travail et conservent leur mémoire. Ainsi depuis le début du déclenchement de la nième guerre, le CPML a reçu un nouveau fonds extrêmement intéressant, celui d’Abdelhak El Masri (1950-2007), une partition, œuvre d’un compositeur libanais qui porte haut les couleurs de notre pays à l’étranger, Wassim Soubra (né en 1956), ainsi qu’un enregistrement mythique d’œuvres de Najib Hankach (1904-1977).

  Abdelhak El Masri (1950-2007) est un compositeur passionnant, hélas méconnu et qui est décédé jeune. Aujourd’hui sa fratrie souhaite le sortir dans l’injuste oubli dans lequel il est tombé et faire connaître sa vie et son œuvre.

 Né à Tripoli le 15 août 1950, l’enfant dès l’âge de six ans fait preuve d’une mémoire musicale étonnante, retenant après les avoir entendues une seule fois les chansons d’Oum Khoulthoum, Abdel Wahab ou Asmahane. Sa mère craint que cela l’empêche d’apprendre ses leçons mais l’enfant est toujours premier en classe. Le frère ainé d’Abdelhak joue de l’accordéon et son plus jeune frère du saxophone. C’est d’ailleurs le professeur de ce dernier qui remarque les dons musicaux d’Abdelhak et qui suggère à ses parents de lui faire donner des cours de piano. Abdelhak commence l’apprentissage de cet instrument à l’âge de douze ans avec John Braiss, pianiste d’origine tchécoslovaque établi à Tripoli. A cette époque, n’ayant pas de piano à domicile, Abdelhak dessine un clavier et travaille sur les touches du croquis. Il en sera ainsi jusqu’à ce que le père consente à faire l’acquisition d’un piano. Abdelhak a alors dix-neuf ans. « Le piano est devenu une part essentielle de son quotidien. Notre père a même commencé à exprimer son admiration devant la dextérité d’Abdelhak » (Abdelhay Masri, son frère).

 En 1972, Abdelhak El Masri rejoint son frère dans la ville de Lyon en France. Il poursuit ses études musicales aux conservatoires de Lyon, Saint Etienne et Aix en Provence, puis à l’Ecole normale de musique de Paris où il suit les cours de composition de Tony Aubin et de piano de Marcel Rémy.

 De 1977 à 1983, Abdelhak El Masri poursuit en France une carrière de professeur, pianiste et compositeur, interprétant ses œuvres dans de nombreux festivals et se distinguant dans plusieurs concours.

 En 1983 il regagne le Liban et s’installe à Tripoli. Il fonde alors une Académie de musique privée qu’il nomme « Iqbal » du prénom de sa maman. Quelques années plus tard, déplorant qu’il n’y ait pas de conservatoire de musique dans cette ville, la deuxième du Liban, il demande au Premier ministre de l’époque, Omar Karamé lui-même d’origine tripolitaine, de fonder le premier conservatoire national de Tripoli. Abdelhak El Masri en est le premier directeur tout en poursuivant les activités de son académie.

 Dans les années qui suivent, la famille d’Abdelhak El Masri connaît de nombreux drames, notamment le décès prématuré de trois de ses frères. Lui-même en 1995 apprend qu’il est atteint de la maladie de Parkinson qui l’emportera à l’âge de 57 ans. Quelques jours avant sa disparition, il confie à son frère son rêve qu’un orchestre symphonique voit le jour à Tripoli.

 Selon l’un de ses élèves, le compositeur Houtaf Khoury, » la musique d’Abdelhak El Masri est de style expressif, influencée par la musique française (Fauré, Debussy, Ravel, Florent Schmitt et parfois Dutilleux) ainsi que par la musique espagnole (Falla), notamment du point de vue rythmique.

 Le catalogue d’Abdelhak El Masri est riche d’œuvres pour piano, de musique de chambre, de musique orchestrale et de musique de scène, notamment son Ballet de l’amour assassiné.

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