Le concert s’ouvre sur A’tina Rabbi de Camille El Bacha (né en 1988), commande du festival, cantate étrange et pénétrante composée, sur un texte de Said Akl, aux langages musicaux multiples et aux changements d’atmosphère qui laissent l’auditeur charmé et stupéfait en même temps. Une personne du public dira que l’œuvre mélange « harmonie moderne et puissance chorale hypnotique ». Mais la surprise vient du soliste Pierre El Khoury. Ce choriste discret (et qui en sus prend en charge la billetterie lors de tous les concerts), s’avère être un soliste absolument remarquable, tout à fait dans l’esprit de la pièce : pas de trémolos orientaux ni de vibrato belcantiste, mais une voix droite, au timbre clair et précis, une justesse qui coule de source et une simplicité à toute épreuve.
La représentation se poursuit avec un bouquet de pièces occidentales, allant de la Renaissance au 21e siècle (Palestrina, Bruckner, Fauré, MacMillan) puis retour aux compositeurs libanais avec Ramzi Kandalaft (né en 1996 ) et Iyad Kanaan (né en 1971).
Placé sous la direction ferme et sensible de Fadi Khalil, le chœur dont l’identité sonore frappe par son homogénéité et sa singularité, est accompagné à l’orgue par Ayad Khalifé. Cet immense artiste, d’habitude plutôt soliste ou chambriste, fait preuve ici de cette rare élégance qui consiste à savoir s’effacer pour porter les autres.

