La communauté des musiciens libanais est pétrifiée. Olga Bolun n’est plus. Comment y croire ? Est-ce possible ? Il y a à peine quelques jours elle accompagnait encore brillamment les musiciens de LeBam dans un concert à Beit Tabaris. A l’issue du concert, elle bavardait joyeusement et parlait avec beaucoup d’excitation d’un prochain projet qu’elle avait tellement envie d’accomplir avec des chanteurs. Et puis soudain plus rien. Plus personne. Est-ce croyable ? Son départ nous laisse pantois et désemparés. La planète musicale libanaise est orpheline.
Mais qui était Olga ? Née en Moldavie, elle est baignée dès sa toute petite enfance dans la musique qu’elle commence à l’âge de cinq ans en étudiant parallèlement le piano et la harpe. D’ailleurs sa maman, toujours vivante hélas, puisque rien n’est pire que de survivre à son enfant, était une harpiste réputée, qui même à son âge avancé, passait de longues heures aux côtés de sa fille, l’écoutant avec ravissement pendant que celle-ci travaillait son piano. Olga se réjouissait tant de ces retrouvailles qu’elle prévoyait pour le mois de septembre et se voyait déjà au piano avec sa maman à ses côtés… Mais revenons à sa biographie. Olga obtient un diplôme supérieur de piano à l’Académie d’État de musique de Chișinău, en Moldavie et, avant de s’installer au Liban, enseigne à l’Académie nationale de musique de Bucarest en Roumanie. Dès l’âge de dix ans elle s’était produite au piano en soliste, accompagnée d’un orchestre !
Olga Bolun avait une écoute exceptionnelle et c’est ce qui fait le bon chambriste. Il n’est pas un chanteur ou un instrumentiste au Liban qui n’ait travaillé avec elle et qui n’ait adoré l’expérience. Elle possédait une technique irréprochable et savait se montrer discrète ou présente musicalement selon que le répertoire l’exige. Une musicienne hors pair.
A Beit Tabaris, nous avions collaboré à maintes reprises avec Olga Bolun. Toujours avec bonheur et un très grand professionnalisme. D’ailleurs, elle s’y produisait le 7 août dernier, quelques jours à peine avant sa brutale disparition. Nous avions ensemble de beaux projets pour l’automne. Mais l’homme propose et Dieu dispose. Adieu chère Olga, ta présence et ta musique résonneront toujours dans nos oreilles et dans nos cœurs.

