La dabké s’invite dans les écoles libanaises ! Ce mardi 20 octobre, la Bibliothèque nationale du Liban a accueilli la conférence de presse de lancement du Championnat national de dabké entre les écoles, une initiative de l’association Jabalna qui entend faire découvrir, pratiquer et transmettre cette danse populaire aux nouvelles générations. Cette compétition réunira des élèves de tout le pays, jusqu’à une grande finale prévue le 29 mai 2027.
Le projet est organisé avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, en partenariat avec les ministères de la Culture, du Tourisme et de l’Information, ainsi qu’avec la Commission nationale libanaise pour l’UNESCO. Il s’adresse aux établissements publics et privés de toutes les régions du Liban.
Au-delà de la compétition, l’ambition est de faire de la dabké une expérience collective, artistique et éducative, dans laquelle les jeunes pourront découvrir leur patrimoine tout en développant leur créativité, leur discipline et leur esprit d’équipe.
Une danse qui traverse les générations
Dans son intervention, la ministre du Tourisme, Laura el Khazen Lahoud, a insisté sur la capacité de la dabké à se renouveler et à continuer de rassembler les générations.
Elle a notamment rappelé le regain d’intérêt pour cette danse au cours des deux dernières décennies, évoquant le film Bosta, qui avait remis la dabké sur le devant de la scène dans un langage contemporain, puis d’autres initiatives, dont l’émission Yalla Ndebbek sur MTV.
Pour la ministre, l’essentiel réside dans cette continuité : chaque génération apprend la dabké de celle qui la précède, avant de la réinterpréter à sa manière. Le championnat scolaire permettra ainsi à des garçons et des filles de s’approprier cet héritage et de l’inscrire dans leur propre culture.
Laura el Khazen Lahoud a également salué le travail mené depuis plusieurs années par Jabalna et sa fondatrice Yola Njeim, notamment à travers les rencontres de dabké organisées à Maasser el-Chouf, qui réunissent des troupes venues de différentes régions du pays.
La ministre a aussi souligné la dimension touristique de cette tradition. Pour elle, la dabké constitue une expérience culturelle à part entière, capable de faire découvrir aux visiteurs les villages, leurs habitants, leurs produits locaux et leur hospitalité. Elle a rappelé combien cette danse continue de relier le Liban à sa diaspora, y compris parmi les enfants nés à l’étranger, qui apprennent à entrer dans la ronde et à suivre le rythme.
La dabké, une école du vivre-ensemble
Représentant la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, le directeur général de l’Éducation, Fadi Yarak, a rappelé que la dabké libanaise est bien davantage qu’une danse exécutée au rythme de la musique. Elle exprime, selon lui, la mémoire de la terre, l’esprit collectif et l’attachement aux racines.
Dans cette ronde où les danseurs avancent ensemble, il voit l’image d’un Liban diversifié mais uni dans son identité et fier de son héritage.
Il a également insisté sur le rôle de l’école dans la transmission culturelle. La pratique de la dabké permet aux élèves de développer le travail collectif, la discipline, le respect de l’autre et le sentiment d’appartenance. Elle transforme un patrimoine reçu des générations précédentes en une culture vivante, que les jeunes peuvent à leur tour faire évoluer.
Fadi Yarak a exprimé le souhait que ce championnat devienne une tradition éducative nationale, tout en rappelant aux élèves que la valeur de leur participation ne se mesurera pas uniquement à la victoire, mais aussi à l’expérience et aux compétences qu’ils en retireront.
Un championnat dans les huit mohafazats
Le concours est ouvert aux écoles publiques et privées de tout le Liban. Chaque établissement pourra présenter une troupe composée de 12 à 18 danseurs, âgés de 13 à 18 ans et inscrits pour l’année scolaire 2026-2027.
Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 novembre 2026. Les établissements devront ensuite soumettre une vidéo de trois minutes présentant leur troupe, au plus tard le 15 janvier 2027. Un jury artistique évaluera les prestations sans connaître le nom des écoles, selon une grille de notation établie.
Les équipes sélectionnées disposeront de plusieurs semaines pour préparer les finales régionales, qui se dérouleront les week-ends d’avril 2027 dans les huit mohafazats du Liban.
Les huit troupes championnes se retrouveront le 29 mai 2027 pour la grande finale nationale. Les trois meilleures équipes seront récompensées, et l’une d’elles remportera le titre de Champion national de dabké entre les écoles pour l’année 2026-2027.
Constituer une mémoire collective de la dabké
L’initiative comporte également un volet consacré à la mémoire de cette tradition. Les écoles seront invitées à recueillir et partager d’anciennes photographies de leurs parents, grands-parents ou habitants de leurs villages en train de danser la dabké.
Ces archives permettront de constituer un album pour chaque mohafazat, réunissant des images qui racontent la place de cette danse dans la vie des familles et des communautés.
Les établissements pourront aussi partager des photos et vidéos des répétitions de leurs élèves, dont certaines seront diffusées sur les plateformes de Jabalna.
L’association Jabalna, qui organise depuis 2015 une Journée nationale de la dabké et un concours réunissant des troupes de différentes régions, donne ainsi une nouvelle dimension à son engagement en s’adressant directement aux écoles.
En faisant entrer la dabké dans les établissements scolaires, ce championnat souhaite surtout assurer la transmission d’un art populaire qui appartient à tous les Libanais. Car la dabké ne se transmet pas seulement par des pas et des rythmes : elle se transmet aussi par le geste de tendre la main à son voisin, d’entrer dans la ronde et d’apprendre à avancer ensemble.
Inscriptions : jusqu’au 15 novembre 2026, sur dabke.jabalnaorg.org/championship.