Alors qu’elle s’apprête à partager la scène avec Jean-Claude Gianadda, le célèbre « troubadour de Dieu », Marina Wakim Moukheiber répond aux questions de L’Agenda culturel. À travers ce concert, elle présentera notamment son nouvel album Mon Liban, je t’aime, tout en poursuivant son engagement musical et solidaire en faveur de plusieurs causes humanitaires et sociales.
Qui est Jean-Claude Gianadda?
C’est un auteur, compositeur et chanteur français qui, depuis de nombreuses années, transmet sa foi et ses valeurs à travers ses chants et ses cantiques, dont il a composé plus de 1200. Surnommé le « troubadour de Dieu », il est particulièrement connu dans les milieux scouts, les écoles et les églises. C’est un artiste que beaucoup connaissent sans nécessairement savoir qui il est. On chante ses chansons, mais rares sont ceux qui l’identifient. À 83 ans, il continue de parcourir les routes pour transmettre son message. Ses chansons ne sont pas uniquement des prières : elles véhiculent aussi des valeurs universelles comme l’amitié et l’espérance.
De quoi sera composé ce concert ?
Nous allons nous partager les chansons. De mon côté, je présenterai mon nouvel album, Mon Liban, je t’aime, qui comprend neuf œuvres, dont On m’appelle Beyrouth et Mon Liban, je t’aime. Le reste du programme sera consacré à des cantiques. Plusieurs de ces œuvres seront interprétées pour la première fois en public. Il s’agit notamment de chants dédiés à des saints libanais, comme saint Charbel, ainsi qu’au patriarche Hoayek, œuvre que j’avais chantée à l’occasion de sa béatification. Le programme comprendra également deux chants en arabe dont l’un dédié à saint Joseph. Ils ont été traduits par le père Youhanna Khawand, un ermite qui a vécu dans la vallée sainte de Qannoubine et qui se trouve aujourd’hui dans le sud du Liban.
Votre démarche musicale est également liée à un engagement solidaire. Pouvez-vous nous en parler ?
Depuis 2017, avec Musik for a Cause, nous avons lancé notre premier album, Sel de la terre, dont l’objectif était de soutenir les personnes âgées, notamment celles que l’on appelle affectueusement les « têtes blanches ». Il existe beaucoup de causes oubliées ou insuffisamment prises au sérieux dans notre société. Je tiens particulièrement à donner une place à ceux qui sont souvent marginalisés. L’année dernière, j’ai notamment organisé un concert avec une traduction en langue des signes. À cette occasion, 35 personnes malentendantes ont pu assister à un concert musical. C’était une première au Liban. Il est essentiel de rendre la culture accessible à tous et de valoriser les personnes que la société a parfois tendance à mettre à l’écart.
À quelles causes les bénéfices de la vente des disques sont-ils destinés ?
Les ventes soutiennent trois associations qui accomplissent un travail remarquable : La première est LeBAM, qui œuvre pour offrir une éducation musicale gratuite aux jeunes. La deuxième est Rifaq el Darb, une association fondée par un père jésuite, qui accompagne les personnes âgées dans le besoin. Enfin, la troisième est Genius Association, qui soutient les personnes en situation de handicap en leur apprenant un métier et en facilitant leur insertion dans le monde professionnel. L’association œuvre également à leur intégration dans les établissements scolaires. À travers ces initiatives, nous souhaitons montrer que chacun a sa place dans la société et que personne ne doit être exclu.
Qui vous accompagnera sur scène ?
Nous aurons une chorale composée de huit jeunes de LeBAM, accompagnée d’un piano, d’une guitare, d’une flûte et de percussions. Un percussionniste en situation de handicap fera partie de l’ensemble. Pour moi, cette participation est essentielle. Il ne faut pas exclure les personnes en situation de handicap de la vie artistique et culturelle. Au contraire, il est nécessaire de leur donner la possibilité de montrer leurs talents et de participer pleinement à la vie de la société.
Au-delà de la musique, quel message souhaitez-vous transmettre à travers ce concert ?
Je souhaite que la musique soit un moyen de rassemblement, de partage et de solidarité. Elle permet de transmettre des valeurs, de faire entendre des voix parfois oubliées et de rappeler que chacun mérite sa place dans la société. C’est aussi une manière d’exprimer mon amour pour le Liban et de faire vivre son patrimoine spirituel et culturel.
A savoir : Concert le jeudi 05 novembre à 19h30 en l’église du Collège Mont la Salle à Ain Saadé. Entrée libre