Mayla Sfeir et le Liban à travers la bande dessinée, de Zeina SALEH KAYALI-Agenda culturel

Mayla Sfeir et le Liban à travers la bande dessinée ART LIBANBDPARI 29/05/2026Zeina Saleh Kayali pour l’Agenda culturel

Pour obtenir le diplôme de l’IESA (Institut d’Etudes Supérieures des Arts) à Paris, il a été demandé aux étudiants de mettre en place un projet curatorial.  Mayla Sfeir, étudiante en marché de l’art, décide de montrer les grands évènements qui ont touché récemment le Liban, à travers l’œuvre de trois artistes libanais : Lamia Ziadé, Zeina Abirached et Armand Homsi.

Comment vous est venue cette idée ?

J’ai réalisé, lors d’un échange avec mon petit frère alors en classe de 3eme au Liban, que l’Histoire du Liban -enseignée sur seulement deux années scolaires- s’arrêtait en 1946, date du départ des troupes françaises du Liban. Rien après cette date ! Alors qu’il s’est passé tellement de choses ! Aucun des grands événements que nous avons vécus depuis, ne sont mentionnés dans les manuels scolaires. Et quand l’Histoire n’est pas écrite, les erreurs se répètent.

Vous avez donc souhaité combler ce vide ?

Oui, il s’agit pour moi de faire connaître une partie de cette Histoire si intense, si chargée, sans pour autant être didactique.

Comment vous y êtes-vous prise ?

Je suis passionnée par le roman graphique et la bande dessinée et j’ai constaté que ce que je connais de cette Histoire récente du Liban, je l’ai appris grâce à certains auteurs graphiques et aux journaux qui relaient l’actualité. J’ai donc pris contact avec deux autrices dont l’œuvre a été essentielle pour moi, notamment dans mes années d’exil, Zeina Abirached et Lamia Ziadé.

Pouvez vous nous en donner quelques exemples ?

Dans Beyrouth je me souviens, Zeina Abirached parle de la guerre de 2006 et des messages que sa mère lui envoyait du Liban pendant qu’elle-même était en France. Dans Le jeu des hirondelles, elle raconte son enfance à Beyrouth pendant la guerre civile et le quotidien des habitants, la peur des bombardements et aussi la solidarité entre voisins. L’œuvre de Lamia Ziadé, autrice et plasticienne, notamment Ma très grande mélancolie arabe, est également très connectée à l’actualité de la guerre au Liban mais en insistant davantage sur la mémoire politique, historique et culturelle du Moyen-Orient. Quant à Armand Homsi, c’est un illustrateur et auteur libanais qui a participé à la scène culturelle libanaise contemporaine, notamment à travers des projets liés à la mémoire, à la ville de Beyrouth et à la vie quotidienne au Liban.

Vous vous êtes identifiée à ces trois artistes ?

Complètement. Je les ai contactés et leur ai expliqué combien leur œuvre répondait à mes questions. Je ne suis sûrement la seule dans ce cas !

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